Le cyclotourisme

“Blog à part”- Evea Tourisme: http://www.evea-tourisme.com/index.php/fr/blog-a-part/154-le-cyclotourisme

L´usage du vélo est une pratique très présente dans les nouvelles tendances du tourisme. Nous l´avons vu dans nos précédents articles sur l´enjeux du développement durable dans les villes, sur le mouvement Slow, et sur le tourisme collaboratif. C’est le “transport de l’avenir inventé il y a bien longtemps”…

Pour un grand nombre de pays engagés sur le développement durable, la bicyclette est une compagne de plus en plus privilégiée dans la vie quotidienne. La promesse d’une meilleure santé, la praticité de son usage, son faible coût et la rapidité des déplacements sur de courtes distances (pas besoin de chercher pendant 10 min une place de parking, …) sont une partie des avantages incontestables de la pratique du vélo. Sans oublier l’aspect environnemental, où d’une part le vélo permet de prévenir les émissions de gaz à effet de serre comparé à une automobile (entre 120 et 150 g de CO2 émis par km) et d’autre part limite la pollution aux particules dans les villes (cet hiver, un épisode intense de pollution atmosphérique fut observé en France et en Europe).

L’innovation dans le monde du cyclisme et son application dans le secteur du tourisme est très présente dans les médias. Rien que cette semaine, l´article « Sevilla, paradis à deux roues » (El País), fait découvrir les progrès de la capitale andalouse comme ville cyclable; le premier vélo « intelligent » (Vanhawks Valour), conçu au Canada, a été lancé; et un modèle de vélo a été présenté qui peut être replié à la taille d’un parapluie, et par conséquenttransportable comme bagage dans les avions et autres moyens de transport.

Aujourd’hui, de nombreuses villes se sont engagées pour une mobilité durable et douce, et parallèlement à cela, des services aux voyageurs autour du vélo se développent fortement. Dans le tourisme, ceci se traduit par plusieurs tendances résumées ci-dessous :

Le cyclotourisme de nature: le but principal de ce type de voyage est d’effectuer des parcours en vélo dans des milieux naturels, pour observer les paysages et communier avec la nature.

Le cyclotourisme de route (sportif): avec ou sans véhicule de soutien, les voyages sont parfois organisés par des entreprises spécialisées. L’expérience tourne principalement autour du défi sportif, presque plus que sur la destination elle-même.

Le cyclotourisme occasionnel : tourisme traditionnel, avec séjour à l’hôtel par exemple, lors duquel le visiteur loue un vélo pour découvrir la destination.

Le cyclotourisme d´ autosuffisance: équipé de tout le nécessaire pour camper (tente, sac de couchage, utensiles de cuisine, etc.), le touriste se déplace essentiellement en vélo pour visiter la destination en réalisant plusieurs étapes.

La France est un pays engagé en faveur de l’usage du vélo comme transport individuel. En effet, plus de 20.000 km de pistes cyclables ont été aménagées, et les systèmes de location de vélos sont présent dans un très grand nombre d’agglomération. Les études quantifient entre 23 et 25 millions le nombre d’usager régulier de vélo en France (40% de la population), 30-35% affirment réaliser leurs déplacements quotidiens à vélo, et il est estimé que plus de 30 millions de voyages sont effectués par semaine dans l’hexagone. Ce sont quelques-unes des illustrations qui confirment cette tendance.

Au niveau économique, le cyclotourisme génère en France (selon les données de FranceVeloTourisme) environ deux milliards d’euros par an et 16 000 emplois. La moitié de ces emplois sont liés à l’hôtellerie et la restauration. Cette forme de tourisme bénéficie également aux secteurs plus traditionnels et aux sites de visites et dans les agences de voyages positionnées sur ce segment de marché. D’après les différentes études, il est prouvé qu’un cyclotouriste dépense quotidiennement entre 60 et 80 € sur la destination, nettement plus que la moyenne des touristes. Ainsi, les territoires s’organisent pour proposer des offres de plus en plus pertinentes et attirer cette clientèle en forte progression. L’enjeu pour ces territoires est notamment d’éradiquer certains points noirs du trafic cycliste comme les ponts sans voie sécurisée, les trains non aménagés, les manques de connexion sur certains parcours, etc.

Ces grands investissements se sont notamment traduits par la création d’un grand réseau européen de véloroutes qui regroupent une quinzaine d’itinéraires, à travers 42 pays, pour un total de 70 000 km : EuroVelo

Les itinéraires européens
Les itinéraires européens

En France, la véloroute Atlantique, née en 2012 et aujourd’hui rebaptisée La Vélodysséeest un itinéraire structurant du schéma national des véloroutes et voies vertes et démarre sa route au Pays de Galles pour aller jusqu’à Hendaye. Elle fait partie de l’itinéraire EuroVelo 1 qui s’étend du Cap Nord en Norvège à Sagres au Portugal et bénéficie d’un succès de plus en plus important.

La découverte de la France à vélo attire chaque année plus d´un million de touristes itinérants, parmi lesquels une forte proportion d’étrangers. La croissance du cyclotourisme ces dernières années est principalement due à l’engouement grandissant des Français pour cette pratique ; mais les cyclistes étrangers sont également devenus une clientèle très importante et sans cesse croissante.